Ecrit par Roger-Pierre Bremau (Si ce conte n'est pas libre de droit, me le dire, je l'ôterai)

                                                                                                  

 
- Catastrophe ! s'écria le maire du village.
Il venait de lire le message que lui tendait
le garde champêtre :
"Le Père Noël ainsi que ses lutins sont malades."

A l'annonce de cette nouvelle,
nos amis Lapinou, Eléphanfan,
Souricette ainsi que Renardour,
se rendirent chez Nounours Noël.
Lui seul connaissait le chemin du merveilleux pays.

Sitôt arrivée, Souricette,
en professionnelle commença ses soins.
- tss ! Tss ! fit-elle. Manifestement, Père Noël,
vous n'êtes pas en forme.
C'est à prendre très au sérieux.
Défense de quitter votre lit !
Je me charge de vous remettre sur pied, foi de Souricette.

- N'oubliez pas mes lutins ! Eux aussi sont malades,
ils sont si petits...
si fragiles, dit le vieux bonhomme d'une voix cassée.

Pas de Père Noël au travail... pas de jouets...
et donc pas de joie au pied du sapin pour les enfants.

Cette pensée émut tellement notre brave ours
qu'il laissa échapper une larme.
Alors, secouant sa grosse fourrure pour
se donner du cœur l'ouvrage,
il se dirigea vers l'atelier.

Dans un coin, un gros poêle en faïence achevait
de consumer sa dernière bûche.
Sur une étagère, douze petites tasses côtoyaient
une grande chope en porcelaine.
Un régistre était encore ouvert sur le bureau....
Six petits sièges étaient  répartis de
chaque côté d'un imposant fauteuil.

Dans la pièce voisine, Eléphanfan et Lapinou enfilaient déjà
des vêtements de travail.
Notre  bon gros Nounours se changea lui aussi.

- Vu ton embonpoint, tu aurais dû prendre l'ample
salopette rouge du Père Noël !
rigolèrent ses deux amis.

Cependant, très vite, l'atelier retrouva vie.

On entendait voler les marteaux sur la tête des clous
et les scies dévorer les essences d'arbres.

Comme de temps en temps nos amis allaient compulser
les gros ouvrages de l'imposante bibliothèque,
ces bruits cessaient.

On distinguait alors, très nettement,
les "plofs" des pinceaux qu'Eléphanfan maniait en artiste.

Le lendemain matin, Renardeau descendit très tôt à l'office,
et une délicieuse odeur envahit peu à peu la pièce.
Tous se délectèrent d'un succulent cake brun
à l'odeur de miel et d'épices.

Notre Père Noël un peu gourmand en reprit même deux fois.
De l'avis général, c'était plutôt bon signe.

Les jours passèrent et le travail avançait bien...
Puis le moment vint où Souricette
déclara le Père Noël guéri.
Elle l'autorisa alors à se rendre à son atelier.

- Je suis très fier de vous. C'est comme si je
les avais faits moi-même,
dit-il en examinant les jouets.
Peut-être même sont-ils encore plus beaux,
souffla-t-il à voix basse.

- Oh non ! dit Lapinou, nous n'avons
suivi que vos plans et vos consignes.

- Puisque vous avez sauvé le Noël des enfants,
je vais de ce pas contacter les anges
pour qu'ils vous donnent
le pouvoir unique de faire la distribution de cadeaux,
cette nuit, avec moi ! reprit le Père Noël.

l'émotion emplit le cœur nos amis.

- Vous serez tous liés par le secret, bien sûr.

 Le Père Noël n'eut pas besoin de se rendre chez les anges.
Une petite étoile, pas plus grosse qu'un oeuf,
tomba à ses pieds.
Un message, teinté à la poudre d'or, y était gravé :

" Père Noël, vous avez l'accord du ciel."

Nos amis poussèrent une exclamation de joie.
Le ciel leur accordait le pouvoir
magique d'être "lutins du Père Noël."

Ils allèrent donc participer, aux côtés de celui-ci,

à la... BELLE NUIT...!


FIN

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